Une exposition proposée par les Archives et Musée de la Littérature en collaboration avec La Maison de la Culture d’Arlon, la Bibliothèque communale d’Arlon, la Province de Luxembourg et le soutien de Monsieur le Député provincial Patrick Adam

130 ans de théâtre belge, de Maeterlinck à Guy Denis

du 21 avril au 14 mai, de 14h à 18h
sauf les lundis

Une exposition en 4 volets

De Maeterlinck à Guy Denis
La création théâtrale a très tôt accompagné – voire précédé – en Belgique francophone, les mutations sociales et esthétiques. Elle l’a souvent fait dans un registre élaboré, à côté du théâtre dialectal ou populaire. L’exposition présentée à la Maison de la Culture d’Arlon par les Archives et Musée de la Littérature s’attachera à mettre en valeur ces points d’émergence d’un théâtre différent de celui qui se pratique généralement en France.

Du théâtre symboliste de Maurice Maeterlinck, prix Nobel 1911, au théâtre paroxystique de Fernand Crommelynck se dessinent ainsi des formes différentes, mais complémentaires, d’intériorisation ou d’extériorisation extrêmes des failles de l’existence.

Les années 30 voient s’imposer pour leur part les Chœurs parlés, théâtre de masse, dans lequel s’illustre notamment Charles Plisnier. Ce théâtre engagé prolonge et métamorphose les pratiques médiévales du théâtre sur les places ou les parvis. Au même moment, Michel de Ghelderode plonge, d’une tout autre façon, dans le passé des 15e et 16e siècles en nos pays pour fantasmer l’identité mythique de Breughelaude et aller au bout des potentialités de l’esthétique du Théâtre dans le Théâtre.

À côté d’un théâtre néoclassique à la Montherlant illustré par Charles Bertin ou Suzanne Lilar, la Belgique invente, à travers l’œuvre de Paul Willems, l’incarnation à la scène du réalisme magique, réaction notoire aux horreurs de la Seconde Guerre mondiale.

Le tournant des années 60/70 voit par ailleurs, chez René Kalisky et Jean Louvet, le surgissement de pièces interpellant ouvertement l’Histoire, fût-ce pour en démontrer l’inanité, l’abjection ou l’absence de maîtrise humaine sur son aujourd’hui.

Avec l’après 1968, un théâtre du corps s’impose pendant une vingtaine d’années dont Frédéric Baal, Frédéric Flamand ou Alain Populaire sont les hérauts. À côté, un théâtre critique innervé par Marc Liebens suscite et accompagne les écritures théâtrales d’une Michèle Fabien ou d’un Jean- Marie Piemme.

L’époque, celle de la fédéralisation de l’Etat, voit aussi l’éclosion, dans certaines provinces wallonnes, d’une dynamique régionale ou subrégionale tout sauf locale. À travers l’action de Marie-Claire Clausse et l’invention d’un pôle théâtral de création à partir de la Maison de la Culture d’Arlon, la Province du Luxembourg innove ainsi d’une façon unique et féconde.

De même que les dramaturges belges modifièrent les règles du centralisme parisien, cette dynamique dépassa aussi bien le régionalisme folklorisant que la décentralisation.
Marc Quaghebeur, Directeur des AML

 

Carte blanche à Guy Denis

Ecrire pour le théâtre
Le 14 juin 1976, au ”Temps des Cerises” à Floreffe, je lisais un texte extrait de MO’TS CAPICHES. Le lendemain je recevais la visite d’un auditeur, le comédien Marcel Penasse de Sevry (Beauraing). Ce jour même, nous fondions le Capiche Arden Théâtre, recrutant par la suite le mime Joseph Collard de Wavreilles et l’animateur, dramaturge et comédien Emile Hesbois de Bazeilles. Débutait une aventure qui conduirait cette troupe de villes en villages de Wallonie durant près de dix années, montant mes pièces MO’TS CAPICHES, Capiche prend le maquis, Capiche au Tribunal, Capiche au Pays des Piratomes.

Ensuite chacun suivit son chemin. Je continuai à écrire. Une collaboration étroite s’était nouée depuis 1974 avec le metteur en scène Jacques Herbet au Centre Dramatique Ardennais. Suivirent des adaptations théâtrales de mes livres : Le Morpion avec Marie-Claire Clausse, un solo de l’auteur dans Ça C’est du Sport, La Gioconda avec Jean-Marie Rau du Comoscenium Théâtre d’Arlon...Vercingétorix, pièce à grand spectacle, fut créée à la Maison de la Culture d’Arlon en 1989 avec la collaboration d’une décoratrice tchèque. En 1993, nous montions Bethsabée, une pièce utilisant des marionnettes géantes du Théâtre de Marionnettes de Metz. Gérard Vivane, professeur à l’IAD, en assura la mise en scène. Le producteur, le Centre dramatique d’Arlon, chargea Marc Hérouet d’en faire la musique et confia la direction des chants à Hélène Bernardy. En 1997, Jacques Herbet mit en scène Le Retour de Capiche au Foyer Culturel de Bertrix et Capiche et Violette en 2012 au Centre Dramatique d’Arlon. La Femme du Poète, pièce montée avec Marie-Claire Clausse et Jacques Herbet en 2010, mettait en scène l’épouse du poète Francis André.

Entretemps, j’avais écrit de nombreuses pièces de théâtre pour mes étudiants à l’Institut Cardijn Lorraine d’Arlon. Des pièces inédites dorment encore dans mes cartons, sans compter les oeuvres avortées, déchirées, laissées en plan... Bref écrire pour le théâtre, c’est se lancer dans une aventure personnelle et collective...

Seront exposés manuscrits, affiches, costumes, accessoires, photographies, articles de presse, de cette épopée théâtrale...
Guy Denis, écrivain, président de l’Académie luxembourgeoise

Rétrospective : 20 ans de création au Centre dramatique d’Arlon
Une plaquette sera éditée à cette occasion et chaque création sera mise en valeur par supports visuels.

Réécriture et jeu théâtral en scolaire
Dans le cadre de cette exposition, la Maison de la Culture et la Bibliothèque communale d’Arlon proposent aux écoles secondaires différents projets autour du théâtre belge.