Conte monstrueux du merveilleux

La Femme Moustique

 dès 10 ans
 5ème et 6ème primaire 

MARS 201
mercredi 21, 10h

espace petit théâtre
1 comédienne
jauge : 110
durée : 60'

Dossier d'accompagnement ICI

de et par : Mélancolie Motte / Analyse symbolique : Nathaël Moreau / création lumières : Jocelyn Asciak / création sonore : Julien Vernay / direction artistique : Alberto Garcìa Sànchez

 

 

De la Kabylie à la Syrie, en passant par la Palestine, un puissant récit circule de pays en pays. Celui d’un roi trop épris d’amour, d’un peuple terrorisé, d’une femme dévorante et d’un enfant sorti du ventre de la terre.

- Oh roi, c’est moi : le moustique. Pas n’importe lequel, puisque je parle. J’ai un marché à te proposer: je sors de ton nez, si tu divorces de tes sept femmes, et si tu te maries avec moi.

- Me marier avec un moustique? Jamais!

Le roi finit par accepter, et à peine a-t-il dit oui que l’insecte se transforme... en une femme magnifique ! La reine moustique installe alors sans difficulté son pouvoir sur le monarque, le pays et sur les anciennes épouses : elle leur arrache les yeux, les enferme dans un puits et ne les nourrit que d’un quignon de pain par jour...
Or, ces sept-là étaient enceintes lors de leur emprisonnement. Le dernier enfant survivra, va grandir dans son univers souterrain jusqu’à creuser par jeu un trou dans la paroi ... Cette ouverture le mènera vers un monde qu’il ne connaît pas, vers l’histoire que sa mère lui a toujours cachée, vers les épreuves qui vont le faire grandir, anéantir la reine moustique, qui n’est autre qu’une ogresse, afin de sauver les siens, le pays et lui-même...

Une histoire monstrueusement forte, pour oser s’exprimer dans un monde sous petites ou grandes dictatures, et prendre le risque de grandir ...

ON EN PARLE

Mélancolie Motte a tissé un récit magnifiquement construit qui oscille entre quotidien et surnaturel monstrueux. Les thèmes sont riches, celui de la dictature, de la relation mère/fils, du pouvoir des hommes, des relations entre femmes, de la métamorphose ... Seule en scène, soutenue par une création sonore et musicale, qui n’intervient que pour enrichir la dramaturgie, éveiller nos sens, elle nous tient totalement en haleine par sa présence fine et malicieuse, l’élasticité de son corps capable de se métamorphoser sans cesse, la beauté de son chant. Jamais elle n’illustre, ni ne caricature, elle vit pleinement cette histoire de dévoration, en endossant tous les personnages, de l’enfant à la femme moustique en passant par les sept femmes ou l’énorme ogresse, semblant sortie tout droit du «Voyage de Chihiro» de Miyazaki. Avec de nombreux niveaux de lecture, sans aucune morale attendue, dans la description de la subtilité et des contradictions de l’âme humaine, elle nous a fait rire et trembler.
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